À PROPOS DU GUIDE

Proposition pour une démarche structurée en
Gestion des matières résiduelles basée sur les principes de la santé environnementale

De plus en plus d’établissements reconnaissent les liens qui existent entre la santé et l’environnement, ainsi que l’impact d’une bonne gestion de leurs matières résiduelles sur la santé de façon plus générale. Gérer les matières résiduelles d’un établissement de santé et de services sociaux selon le principe des 3RV en privilégiant, dans l’ordre, la réduction à la source, le réemploi, le recyclage, la valorisation et enfin, l’élimination, n’est pas chose aisée. Partant de ces constats, SSE et RECYC-QUÉBEC ont décidé d’élaborer le présent guide en s’appuyant sur l’expertise d’un groupe de travail «GMR en santé» regroupant les représentants d’une dizaine d’établissements de santé et de services sociaux de différentes régions du Québec. L’objectif de ce guide est de proposer une méthode et des outils concrets, adaptés au contexte si particulier des établissements de santé et de services sociaux, contribuant ainsi à améliorer le système de gestion des matières résiduelles dans les diverses installations du réseau de la santé, et à l’atteinte des objectifs du gouvernement liés à la gestion des matières résiduelles.

Parmi les outils inclus dans le guide, citons notamment :

  • Un outil Excel, le registre GMR, qui permet de dresser un portrait de la GMR d’une installation et d’identifier des pistes concrètes d’amélioration
  • Des fiches matières  présentant de nombreuses informations qui faciliteront la bonne gestion des différentes matières résiduelles générées par une installation de santé et de services sociaux
  • Des études de cas illustrant des solutions concrètes mises en oeuvre par des installations de santé et de services sociaux afin de mieux gérer leurs matières résiduelles

La gestion des matières résiduelles est un processus qui devrait se baser sur une boucle d’amélioration continue. Chaque étape présentée dans ce guide interagit avec les autres et va les influencer. Nous avons fait le choix de débuter la démarche par la réglementation, pour aller ensuite vers la gouvernance, la communication, le portrait GMR, le plan d’action en GMR et l’amélioration continue qui implique de revenir au début et de refaire un tour de boucle une fois le cycle terminé. Comme mentionné, la démarche n’est pas statique et plusieurs étapes peuvent être menées de front. La communication, par exemple, est une action transversale, c’est-à-dire qu’elle est importante à chaque étape du cycle et qu’une emphase particulière devrait être mise sur cet aspect tout au long du processus.

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Ce site a été développé par Synergie Santé Environnement en collaboration avec les membres du groupe de travail en GMR EN SANTÉ et a été rendu possible grâce à la contribution financière de RECYC-QUÉBEC. L’entente de partenariat entre RECYC-QUÉBEC et SSE, pour l’année 2017/2018 propose les éléments suivants:

  1. Mettre en place et animer un groupe de travail
  2. Élaborer un guide d’actions concrètes pour optimiser la GMR dans les établissements de santé et des services sociaux
  3. Élaborer un outil de suivi des actions en GMR (quantitatif et qualitatif) destiné aux établissements de santé et de services sociaux
  4. Mettre à jour le site web de SSE (fiches matières, études de cas, etc.)
  5. Effectuer une veille juridique, technologique et des bonnes pratiques
  6. Accompagner 5 établissements du secteur de la santé et des services sociaux pour mettre en place un système de récupération des plastiques médicaux
  7. Rédiger un guide décrivant le système de récupération des plastiques médicaux, destiné à l’ensemble des établissements du réseau de la santé et des services sociaux

QUELQUES DONNÉES

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Les données présentées dans le tableau précédent sont le fruit de la compilation des résultats de caractérisation des matières résiduelles réalisées par l’équipe de SSE entre 2010 et 2018 (4 hôpitaux, 4 CHSLD seuls, 2 CLSC seuls et 3 CLSC couplés à un CHSLD). Les données sont basées sur les poids des matières résiduelles présentes dans les poubelles et les bacs de récupération papier, carton, plastique, verre et métal. Toutes les autres matières résiduelles générées par les installations de santé et de services sociaux sont exclues de ce portrait.

3R-V : À moins qu’une analyse basée sur une approche du cycle de vie des biens et des services ne démontre qu’une dérogation est justifiée, la réduction à la source, le réemploi, le recyclage, y compris par traitement biologique ou épandage sur le sol, les autres formes de valorisation de la matière, la valorisation énergétique et l’élimination doivent être privilégiés dans cet ordre dans le domaine de la gestion des matières résiduelles.

Analyse de cycle de vie (ACV) : Analyse visant à définir les atteintes environnementales d’un produit, d’un procédé ou d’un service tout au long du cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie. L’ACV prend en compte les différents types d’impacts selon le produit : impact environnemental (changements climatique, écosystèmes, eutrophisation, épuisement des ressources, etc.), impact sur la santé humaine et impact économique.

Biométhanisation : Procédé de recyclage biologique des matières organiques putrescibles par des microorganismes en absence d’oxygène. Appelé également « digestion anaérobie, fermentation méthanique ou méthanisation », ce processus de traitement produit un résidu appelé « digestat » ainsi que du biogaz.

Carbone biogénique : Les émissions biogénique sont des émissions de CO2 associées au cycle naturel du carbone et la dégradation, décomposition et/ou combustion des matières organiques en présence d’oxygène.

Compostage : Procédé de traitement biologique qui permet la biodégradation (biooxydation) des matières organiques, sous l’action de microorganismes aérobies (vivant en présence d’oxygène). Les matières organiques sont d’abord mélangées à des agents structurants (ex : copeaux de bois) pour en favoriser l’aération, puis placées en andains, en piles ou dans un réacteur. On obtient le compost après l’atteinte d’une phase thermophile (température entre 45 °C et 70 °C) et après une phase subséquente de maturation.

COV : Composés  organiques volatiles.

CRD : Construction, rénovation, démolition.

Déchet :  Résidus, matériaux, substances ou débris rejetés à la suite d’un processus de production, de fabrication, d’utilisation ou de consommation.

Déchet ultime : Le résidu ultime est celui qui résulte du tri, du conditionnement et de la mise en valeur des matières résiduelles et qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques disponibles pour en extraire la part valorisable ou en réduire le caractère polluant ou dangereux.

Déchets radioactifs : Il s’agit de résidus contenant des radio-isotopes en concentration supérieure aux valeurs jugées admissibles par les autorités compétentes. Ces déchets contiennent donc des substances radioactives : liquides ou solides utilisés en laboratoire, seringues, réacteurs usés ou cylindres de plomb ayant servi en médecine nucléaire, urine ou excréta des patients traités, etc. Ces déchets sont classés selon leur niveau d’activité et leur demi-vie (temps requis pour que la quantité de radioactivité diminue de moitié). Le statut des déchets radioactifs est temporaire, ces déchets devenant des déchets généraux lorsque la quantité de radioactivité descend sous la limite d’évacuation.

Déchets biomédicaux : Selon le Règlement sur les déchets biomédicaux, ces derniers incluent les déchets anatomiques humains (tissu animal ou humain, organes ou partie du corps, à l’exception des cheveux, des dents et des ongles) ; les déchets anatomiques animaux ; les déchets non anatomiques (objets piquants, tranchants ou cassables qui ont été en contact avec du sang, un liquide ou un tissu biologique ; les tissus biologiques, les cultures cellulaires, les cultures de micro-organismes ; les vaccins de souche vivante ;  les contenants de sang et le matériel imbibé de sang, etc.).  À noter que le sang et les liquides biologiques ne sont pas des déchets biomédicaux, selon le Règlement. En effet, il est permis de jeter le sang à l’égout sanitaire. Seuls les contenants de sang non vidés de leur contenu et le matériel imbibé de sang sont des déchets biomédicaux. Le « matériel imbibé de sang » correspond à tout matériel laissant suinter le sang ou pouvant libérer du sang lorsque pressé. « Matériel saturé de sang » est synonyme de « matériel imbibé de sang ».  Les ongles, les cheveux et les dents ne sont pas non plus considérés comme des déchets biomédicaux.

Déchets pharmaceutiques : On distingue deux catégories de déchets pharmaceutiques. Les déchets pharmaceutiques dangereux (résidus de médicaments et les médicaments périmés qui sont toxiques ou cytotoxiques) et les déchets pharmaceutiques non dangereux (tout autre résidu de médicaments et de médicaments périmés non classés comme dangereux).

Les déchets pharmaceutiques dangereux sont ceux qui possèdent une ou plusieurs propriétés de « matière dangereuse » stipulées dans le Règlement sur les matières dangereuses (RMD), notamment les produits toxiques et les médicaments contenant des huiles ou des graisses minérales. Les contenants qui renferment ou ont été mis en contact avec un produit pharmaceutique dangereux (au moment de la préparation ou de l’administration), ainsi que le matériel résiduel, sont aussi considérés comme des déchets pharmaceutiques dangereux.

Eutrophisation : Processus d’enrichissement graduel d’un lac en matières nutritives, faisant passer son état d’oligotrophe (qui signifie peu nourri) à eutrophe (qui signifie bien nourri). Cet enrichissement provoque une augmentation de la production biologique, notamment une plus grande abondance des algues microscopiques (le phytoplancton) et des plantes aquatiques. Cette production accrue s’accompagne d’une transformation des caractéristiques du lac, qui se traduit notamment par une plus grande accumulation de sédiments et de matière organique, une réduction de l’oxygène dissous dans l’eau et le remplacement d’organismes par des espèces mieux adaptées aux nouvelles conditions. L’eutrophisation est un phénomène qui peut être accéléré par les activités humaines qui prennent place sur les rives et dans le bassin versant des lacs. Ces activités ont pour effet d’augmenter les apports en matières nutritives au lac. Le vieillissement prématuré est un des principaux problèmes qui affectent les lacs de villégiature et les lacs situés en milieu agricole et urbanisé.

Empreinte environnementale : Mesure équivalant à la superficie des terres productives et des eaux nécessaires pour répondre aux besoins liés à la consommation humaine. Autrement dit, c’est la mesure de la pression qu’exerce l’homme sur la nature.

Gaz à effet de serre (GES) : Gaz présents dans l’atmosphère et qui contribuent à retenir la chaleur près de la surface terrestre. Les GES sont formés essentiellement de vapeur d’eau, de gaz carbonique (CO2), de méthane (CH4) généré notamment par l’enfouissement des matières organiques, d’oxyde nitreux (N2O) provenant entre autres de la combustion de la biomasse, et d’ozone (O3).

HAP : Hydrocarbures aromatiques polycycliques.

ICI : Industries, commerces et institutions.

Matière recyclable : Matière pouvant être réintroduite dans le procédé de production dont elle est issue ou dans un procédé similaire utilisant le même type de matériau. Cette catégorie inclut : les papiers, les cartons, les plastiques, les métaux, le verre, les résidus alimentaires, les résidus verts, les débris de construction, rénovation et démolition (CRD), etc.

Matière résiduelle (MR) : Tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau ou produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que le détenteur destine à l’abandon.

Matière organique : Fraction de matière vivante (matière végétale, matière animale ou microorganismes) pouvant se décomposer sous l’action de microorganismes.

Matière organique putrescible : Matière organique dont le rapport entre le carbone et l’azote est inférieur à 70 (C/N < 70), ce qui lui confère un caractère rapidement biodégradable. Les résidus alimentaires (ex. : résidus de table), les résidus verts (ex: herbes, feuilles et résidus horticoles) ainsi que la plupart des biosolides municipaux et industriels font partie de cette catégorie.

PVM : Plastique, verre, métal.

Recyclage : Utilisation, dans un procédé manufacturier, d’une matière récupérée en remplacement d’une matière vierge. Le compostage et la biométhanisation sont aussi considérés comme des procédés de recyclage.  C’est le troisième principe des 3RV.

Réemploi : Le réemploi (ou réutilisation) est l’utilisation répétée d’un produit ou d’un emballage, sans modification de son apparence ou de ses propriétés. Sont considérés comme du réemploi la vente et le don d’articles usagés, même si ces articles ont été nettoyés ou réparés (ex. : revente ou don de vêtements, d’ordinateurs, de meubles, d’électroménagers ou de matériaux de construction). C’est le deuxième principe des 3RV.

Réduction à la source : Action permettant de prévenir ou de réduire la génération de résidus lors de la conception, de la fabrication, de la distribution et de l’utilisation d’un produit. C’est le premier principe des 3RV.

Résidus vert : Matière végétale produite dans le cadre de travaux de jardinage, d’horticulture, d’aménagement paysager ou de dégagement de terrains. Les résidus verts comprennent notamment les feuilles mortes, le gazon et les autres herbes coupées, les retailles d’arbres, d’arbustes et les résidus horticoles divers issus du secteur résidentiel, municipal, institutionnel ou commercial.

Résidus domestiques dangereux : L’expression RDD, ou résidus domestiques dangereux, désigne les résidus de nombreux produits dangereux à usage domestique courant. Si les huiles usagées et les filtres, les peintures, les batteries d’automobile et les solvants constituent la majeure partie de ce groupe de résidus, une foule d’autres produits, y compris les pesticides de jardin, les produits de nettoyage acides ou caustiques, les médicaments, les piles sèches ou les colles, sont susceptibles, par une utilisation, un mélange, un entreposage ou une élimination inadéquats, de causer des dommages à la santé et à l’environnement.

Responsabilité élargie des producteurs : Principe et démarche qui étend les obligations des producteurs à l’égard des produits qu’ils fabriquent ou mettent en marché jusqu’à la fin du cycle de vie de ces derniers. Ainsi, le producteur a la responsabilité d’assurer la récupération et la valorisation de ses produits en fin de vie grâce à un système de récupération qu’il met lui-même en place ou grâce à une association qui le fait pour ses membres.

Valorisation : Terme générique qui englobe l’ensemble des techniques qui permettent le réemploi, la récupération ou le recyclage de matières résiduelles, dans le but de les détourner de l’élimination.

Valorisation énergétique : Utilisation du pouvoir calorifique du déchet en le brûlant et en récupérant cette énergie sous forme de chaleur ou d’électricité. Utilisation de matières récupérées dans un procédé de production d’énergie par combustion.

Sources utilisées pour monter ce lexique : RECYC-QUÉBEC, Ministère du développement durable, de l’environnement et de la lutte au changement climatique, Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, guide de gestion des déchets du réseau de la santé et des services sociaux (MSSS).

RÉGLEMENTATION

La loi sur la qualité de l’environnement (LQE) a mis en place une politique québécoise de gestion des matières résiduelles (PQGMR) qui touche tous les acteurs de la société y compris les établissements de santé et de services sociaux. Il est important de souligner que la politique n’oblige personne mais permet d’offrir un cadre et des objectifs pour tous les citoyens. Ainsi, la planification repose non seulement sur le secteur industriel, mais aussi sur le secteur résidentiel, commercial ou institutionnel afin qu’elle soit la plus globale possible. La PQGMR vise à créer une société sans gaspillage grâce à une saine gestion de ses matières résiduelles; une société où la seule matière résiduelle éliminée est le résidu ultime. La politique priorise les 3RV car l’application de ce principe permet une efficacité économique tout en diminuant l’empreinte environnementale et en faisant entrer en jeu de multiples acteurs. Elle cherche aussi à stimuler les performances des ICI (industries, commerces et institutions) et limiter les débris de construction, rénovation démolition (CRD), à sensibiliser et à éduquer, à accroitre les connaissances sur la gestion de matière résiduelle. Le bannissement de l’élimination représente une mesure majeure qui devrait permettre la diminution des gaz à effet de serre (GES) tout en obtenant des produits utiles comme les biogaz.

La PQGMR exige que les municipalités régionales établissent un plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) révisé tous les 7 ans, qui fixe des objectifs quantitatifs, des actions et des échéances. Les PGMR doivent prévoir des mesures pour les ICI, dont les institutions de santé et de services sociaux. C’est d’ailleurs le cas dans plusieurs MRC, municipalités ou arrondissements montréalais qui offrent gratuitement la collecte des résidus alimentaires, des matières recyclables et des déchets dangereux, non seulement aux citoyens mais également à des installations de santé et de services sociaux de tous types, incluant des hôpitaux. Ces mesures étant différentes pour chaque municipalité régionale (offre de service, réglementation, infrastructures de traitement, etc.), il convient de se référer directement aux PGMR disponibles sur le site internet de RECYC-QUÉBEC  et sur le site de chaque municipalité régionale.

Objectifs du plan d’action 2011 -2015 accompagnant la politique québécoise de gestion des matières résiduelles

Note : Le prochain plan d’action visant la période 2018-2022 est en processus d’approbation.

objectifs

DOCUMENTATION

Le règlement de 2006 sur les redevances exigibles pour l’élimination de matières résiduelles a pour but de réduire les quantités de matières résiduelles et d’augmenter la durée de vie des lieux d’élimination. Les redevances permettent de financer la préparation et les révisions des plans de gestion de matières résiduelles des municipalités. La redevance est un incitatif afin de limiter l’élimination et l’enfouissement. A qui cela s’adresse t-il ? A tous les exploitants de lieux d’élimination quand ils font face à des produits destinés à l’élimination.

Les établissements de santé et de services sociaux
La redevance à l’élimination est versée aux municipalités et non aux ICI. Les redevances régulières (voir ci-dessous) sont redistribuées en fonction de la performance des municipalités locales, selon les pourcentages décrits dans le tableau suivant. En ce qui a trait aux redevances supplémentaires, elles sont redistribuées en fonction de la population de la municipalité et selon le respect de critères liés à la gestion des matières organiques. C’est pourquoi les municipalités régionales ont tout avantage à mettre des mesures en place pour aider les ICI sur leur territoire. Plus les établissements récupèrent et plus les municipalités recevront d’argent. À l’heure actuelle, les établissements de santé paient ces redevances lorsqu’ils font affaire avec un fournisseur privé qui leur refilent la facture. Les fournisseurs sont généralement très transparents puisqu’une ligne redevance est ajoutée à chaque levée, pour peu que le contenant soit pesé. Lorsque les coûts sont inclus dans un « forfait », la redevance n’apparaît pas sur la facture, ce qui ne signifie pas pour autant que l’établissement ne la paie pas.

Il existe plusieurs types de redevances :

  • Redevances régulières : 12,21$ la tonne métrique
  • Redevances supplémentaires depuis 2010: 10,36$ la tonne métrique
  • Redevances totales : 22,57$ la tonne métrique

Il est important de noter que le coût est ajusté annuellement au Canada en fonction des indices des prix à la consommation. On remarque une nette augmentation entre 2006 et 2018 ou les redevances totales sont passées de 10$ à 22,57$ la tonne métrique. Tous les détails peuvent être trouvés sur le site web du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Exemple de facture.

La REP est un principe selon lequel les entreprises qui mettent sur le marché des produits au Québec sont responsables de leur gestion en fin de vie. Elles représentent une des mesures phares de la politique québécoise de gestion des matières résiduelles. Elle s’articule selon deux grands principes qui sont le respect de la hiérarchie des 3RV et de l’incitation à l’éco-conception des produits. Cette mesure permet d’éviter que des déchets dangereux ne se retrouvent dans les sites d’enfouissements et portent atteinte à la santé humaine et l’environnement. Ainsi, lorsqu’une entreprise vend un produit, elle intègre un coût de gestion de déchet (écofrais) qui permet de mettre en place un programme de récupération ou de valorisation afin d’éviter l’enfouissement. La REP servent de complément aux services proposés par les municipalités, qui sont souvent mal adaptés aux produits demandant un traitement particulier comme certaines matières générées par les établissements de santé et de services sociaux. La REP peut être individuelle ou collective. Dans le premier cas, l’entreprise va elle-même mettre en place un système de récupération et de valorisation de ses produits. Dans le second cas, la REP collective se fait par l’intermédiaire d’un organisme dont la fonction est de mettre en œuvre un système de récupération et de valorisation des produits de ses membres.

La contamination des déchets dangereux est possible via plusieurs voies et médias d’expositions:

  • Émission de particules fines,
  • Émission de gaz toxiques
  • Migration de matière dangereuse dans les sols
  • Migration de matière dangereuse dans les eaux
  • Contamination directe (ex : travailleurs en contact avec les matières résiduelles)

Si un établissement ne fait pas affaire avec un des 5 organismes reconnus comme REP par RECYC-QUÉBEC listés ci-dessous, il devrait demander à ses fournisseurs de service actuels s’ils sont inscrits à la REP. Dans ce cas, il est fortement conseillée d’obtenir une facture transparente et détaillée afin de s’assurer de ne pas payer de frais supplémentaires. L’autre possibilité est d’entrer en contact avec les organismes responsables de chaque REP et de mettre en place un système de collecte avec eux. Quelle que soit l’option choisie, elle permettra à l’établissement de réduire les coûts de gestion de certains résidus domestiques dangereux mais aussi de réduire le volume de matières qui sont envoyées à l’élimination!

Piles et batteries

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Produits visés

  • Piles et batteries à usage domestique
  • Piles et batteries à usage unique ou rechargeables
  • Piles et batteries rechargeables comme celles au nickel-cadmium (Ni-Cd), au lithium-Ion ( Li-Ion) ;  petites piles scellées au plomb acide (PPSPA), à hydrure métallique de nickel (Ni-MH) et au nickel-zinc ( Ni-Zn)
  • Piles et batteries sèches à usage unique comme les piles alcalines (AA, AAA, etc.) et les piles lithium primaires incluant les piles bouton

Coordonnées d’Appel à Recycler, l’organisme responsable de la REP-piles

Appel à Recycler
9160 boul. Leduc, Suite 410
Brossard, QC, J4Y 0E3
Tél. : 1-888-224-9764
Site web : https://www.appelarecycler.ca

Marche à suivre pour mettre en place une collecte gratuite

Il existe quelque 3 392 points de dépôt de récupération, dont 1 670 points de dépôt publics. Pour trouver le point de dépôt le plus proche, utiliser l’outil de recherche sur le site web d’Appel à Recycler.

Appel à Recycler offre des options flexibles aux organisations pour la collecte et le recyclage des piles et batteries :

  1. Ensemble de collecte avec connaissements préaffranchis (expédition de boîtes)
  2. Transport en vrac (fûts non-fournis)

Le programme est gratuit et un retour automatique de boîtes s’effectue lors de la réception de boîtes pleines.

Pour de plus amples renseignements, ou pour s’inscrire comme point de dépôt, il faut communiquer avec le Service à la clientèle au 1-888-224-9764 ou visiter le site web d’Appel à Recycler.

PEINTURES

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Produits visés

Les produits acceptés sont les peintures architecturales ou résidentielles (ex. : peintures latex, alkyde, à métal, à l’huile, à mélamine, etc.). Tous les types de peinture en aérosol sont aussi récupérés (ex. : usage général, industriel, automobile, artistique et marquage du bois) ainsi que les contenants de peinture vides.

Les produits refusés se regroupent quant à eux en 5 catégories : les peintures industrielles, les peintures automobiles, les produits connexes à la peinture (décapants, solvants et diluants), les peintures à usage spécialisé et les autres produits qui n’appartiennent à aucune famille de peinture.

Les formats de contenants acceptés : 100 ml à 50 litres. Tous les produits rapportés doivent l’être dans leurs contenants d’origine.

La liste complète des produits acceptés et refusés peut être consultée ici, ainsi que sur le site web d’Éco-peinture.

Coordonnées d’ÉCO-PEINTURE, l’organisme responsable de la REP-peintures

Société québécoise de gestion écologique de la peinture (ÉCO-PEINTURE)
240, rue des Forges, suite 304
Trois-Rivières (Québec) G9A 2G8
Tél : 1-855-840-6559
Site web : www.ecopeinture.ca 
Courriel : info@ecopeinture.ca

Marche à suivre pour mettre en place une collecte gratuite

Trois solutions s’offrent aux établissements de santé et de services sociaux pour bénéficier de la REP-peintures :

  1. Transporter directement les pots de peintures à l’éco-centre ou au magasin de peinture le plus proche (quantités limitées, à valider avec le lieu de dépôt choisi)
  2. Accumuler les pots de peintures sur 2 palettes (environ 3 gallons de haut) et appeler Éco-peinture une fois les palettes pleines pour organiser une collecte gratuite
  3. Louer à Éco-peinture un contenant pouvant contenir 160 gallons de peinture ; entreposer ce contenant à l’intérieur et appeler Éco-peinture lorsque le contenant est plein pour organiser une collecte gratuite.

PRODUITS ÉLECTRONIQUES

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Produits visés

Plus de 150 types de produits sont acceptés dans le cadre du Programme québécois de récupération et de valorisation des produits électroniques géré par l’Association pour le recyclage des produits électroniques du Québec (l’ARPE-Québec). La liste complète des produits acceptés peut être consultée sur le site web d’ARPE-Québec.

Coordonnées de l’ARPE, l’organisme responsable de la REP-produits électroniques

Association pour le recyclage des produits électroniques (ARPE)
5750 Explorer Drive, bureau 301
Mississauga (Ontario)
Canada  L4W 0A9
Tél : 1-888-557-8177, option 2
Site web : https://www.recyclermeselectroniques.ca/qc/
Courriel : info@recyclermeselectroniques.ca

Marche à suivre pour mettre en place une collecte gratuite

Pour le recyclage des produits électroniques en fin de vie utile, l’ARPE-Québec offre aux établissements de santé et de services sociaux un service gratuit de collecte sur place (certaines conditions s’appliquent). Pour obtenir plus d’informations, consulter le site web de l’ARPE-Québec.

Pour le réemploi des produits électroniques, il faut communiquer directement avec les entreprises de réemploi reconnues par l’ARPE-Québec dont les coordonnées se trouvent sur le site web de l’ARPE-Québec.

LAMPES AU MERCURE

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Produits visés

Lampes contenant du mercure :

  • Tubes fluorescents (toutes formes et longueurs)
  • UV et lampes germicides
  • Lampes fluo-compactes
  • Lampes UHP
  • Lampes DHI

Coordonnées du programme RECYCFLUO, responsable de la REP-lampes au mercure

Programme RECYCFLUO
35 De Lauzon, local 5
Boucherville, Québec, J4B 1E7
Tél. : 1-888-860-1654
Site web : http://www.recycfluo.ca
Courriel : assistance@recycfluo.ca

Marche à suivre pour mettre en place une collecte gratuite

Le fonctionnement dépend de la quantité de lampes contenant du mercure à recycler :

  1. Si moins d’une palette de lampes (ex. : moins de 350 tubes 4’), il faut les rapporter dans un point de dépôt pour entreprise. Les adresses des différents points de dépôt pour entreprise sont disponibles sur le site web de RecycFluo (sélectionner « points de dépôt » puis « entreprise »)
  2. Si une palette de lampes pleines ou plus (ex. 350 tubes de 4’), un service de collecte directe gratuit est disponible. Pour obtenir une collecte, il faut s’assurer :
    • Que l’envoi contient uniquement des lampes au mercure (le recycleur pourrait charger des frais directement à l’établissement si des lampes hors programmes sont présentes dans l’envoi) ;
    • Que les lampes sont mises dans des boîtes* et les boîtes sont elles-mêmes solidifiées sur une palette ;
    • Une fois la palette prête, il faut remplir un formulaire de demande de collecte** et le retourner à assistance@recycfluo.ca ;
    • Une fois la demande traitée, le client reçoit une confirmation et les documents de transport par courriel. La collecte est généralement effectuée le lendemain mais il se peut que les délais soient un peu plus longs (jusqu’à 5 jours ouvrables).

*Les lampes peuvent être retournées dans n’importe quelle boite suffisamment solide pour le transport et qui permet de recouvrir entièrement les lampes. RecycFluo peut fournir des boîtes vides au besoin. Il faut demander les boîtes au préalable (1-888-860-1654 ou assistance@recycfluo.ca) puisque les palettes doivent être prêtes au moment où le transporteur arrivera sur place.

**Le formulaire de demande de collecte n’est pas disponible ici car RecycFluo tient à ce que le client parle directement avec le service à la clientèle avant d’effectuer un premier envoi et ce afin d’éviter de mauvaises surprises et des frais de transport inutiles.

HUILES USAGÉES

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Produits visés

Les huiles lubrifiantes et les glycols (antigels) usagés, leurs contenants de 50 litres et moins (incluant les contenants d’aérosols de lubrifiants et de nettoyeurs à freins) ainsi que les filtres à l’huile usagée.

Pour plus de précision sur les produits visés, consulter la liste de produits avec redevances sur le site web de la SOGHU.

Coordonnées de la SOGHU, l’organisme responsable de la REP-huiles

Société de gestion des huiles usagées (SOGHU)
1101 Boulevard Brassard, bureau 214
Chambly (QC) J3L 5R4
Tél : 1-877-987-6448
Site web : www.soghu.com
Courriel : soghu@soghu.ca

Marche à suivre pour mettre en place une collecte gratuite

Il existe 1 037 points de dépôts dont 499 points de dépôt commerciaux et 538 points de dépôt municipaux répartis sur l’ensemble du territoire québécois où les petits générateurs de matériaux d’huiles usagées (agriculteurs, petites entreprises, bricoleurs) peuvent rapporter gratuitement leurs produits usagés.

Pour les générateurs plus importants de matériaux d’huiles usagée (garage d’entretien mécaniques, industries, etc.), il existe des récupérateurs enregistrés qui peuvent venir directement à l’installation pour récupérer gratuitement les produits usagés.

Le récupérateur le plus proche peut être trouvé sur le site web de la SOGHU. Le point de dépôt le plus proche peut être trouvé dans la section « Points de dépôt » du site web de la SOGHU.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les changements climatiques constituent à l’heure actuelle un enjeu prioritaire et fondamental en raison de leurs répercussions grandissantes sur les écosystèmes, les infrastructures, l’économie et la santé humaine. Ils sont considérés comme une des plus grande menace du 21ème siècle. En effet, les sociétés actuelles rejettent de grandes quantités de gaz à effet de serre (GES) de part l’utilisation de combustibles fossiles, la déforestation, les activités industrielles et la gestion des déchets entre autre.
Les établissements de santé et de services sociaux au Québec ne sont pas des exceptions. En effet, ils contribuent significativement aux changements climatiques notamment de part leur grande production de déchets (+ de 100 000 tonnes/an) et des émissions liées aux transports.

Ils peuvent être également touchés par les changements climatiques au niveau de leurs infrastructures entrainant des coûts financiers supplémentaires mais aussi voir le nombre de leurs patients augmenter en raison de la pollution de l’air et de l’eau, de catastrophes naturelles, etc., sans pour autant que leur capacité n’augmente. L’OMS a d’ailleurs appelé le secteur de la santé à se préparer aux impacts des changements climatiques en les intégrant dans leur évaluation des risques et en s’engageant dans des pratiques durables. Afin de lutter contre les changements climatiques, le Québec s’est doté d’un Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC 2013-2020). Les deux finalités du PACC sont de réduire les émissions de GES, notamment dans la gestion des matières résiduelles, et de s’adapter aux impacts des changements climatiques. Le but étant de mobiliser la population et les différents partenaires pour qu’ils s’engagent dans l’action. Dans le cadre du PACC 2013-2020, les activités de gestion des matières résiduelles soutenues sont le compostage et la biométhanisation. En effet, la décomposition des matières organiques en absence d’oxygène (comme cela prévaut dans les sites d’enfouissement) génère du méthane qui est un GES 25 fois plus puissant que le CO2. De plus, le gouvernement du Québec a mis en place une politique de bannissements de l’élimination du papier, carton et bois en 2015 afin que ces matières ne se retrouvent pas dans les sites d’enfouissement alors qu’elles peuvent être valorisé. Il entend d’ici 2020, bannir également les matières organiques. Ces mesures ont montrés leur efficacité au Royaume-Uni autant pour la réduction des émissions de GES qu’au niveau des bénéfices économique. Cela permet de limiter son empreinte écologique et de lutter contre les changements climatiques.

Les cibles de réduction de GES selon le gouvernement du Québec :

  • pour 2020, réduction de 20 % sous le niveau de 1990
  • pour 2030, réduction de 37,5 % sous le niveau de 1990
  • pour 2050, réduction de 80 à 95 % sous le niveau de 1990

Quelles données chiffrées

Selon l’inventaire québécois des émissions de GES 2015, la gestion des matières résiduelles représente 7,9 % des émissions de GES de la Province. Cela comprend les activités d’enfouissement, de traitement des eaux usées et d’incinération des déchets mais exclut le transport lié à ces activités. L’enfouissement des déchets solides est responsable à lui seul de 90,8 % des émissions de ce secteur en 2015. De 1990 à 2015, les émissions du secteur des déchets ont diminué de 30,2 % , en grande partie en raison du captage et de l’incinération des biogaz dans plusieurs sites d’enfouissement.

GOUVERNANCE

Engagement de la direction

L’engagement et le soutien de la direction sont deux facteurs essentiels pour développer une stratégie cohérente permettant d’obtenir du succès à long terme. Améliorer la gestion des matières résiduelles pourrait devenir un projet d’établissement rassembleur pour l’établissement puisqu’elle se concrétise en gestes concrets qui touchent tout le monde. La gestion des matières résiduelles offre l’un des meilleurs rapports coûts-bénéfices dans une perspective de développement durable. Les nombreux gains économiques liés à une bonne gestion des matières résiduelles devraient particulièrement intéresser la direction qui pourrait offrir son soutien. La présentation d’un dossier de décision (business case) à l’équipe de direction exécutive de l’établissement de santé et de services sociaux  constitue une excellente façon d’obtenir le soutien requis pour améliorer durablement la gestion des matières résiduelles. Afin de développer un bon dossier de décision en GMR, il convient de se poser quelques questions :

  • Où en est l’établissement dans sa démarche de santé environnementale et de développement durable ?
  • Y a t il un engagement de la part des dirigeants ?
  • Est-ce que la gestion des matières résiduelles est liée à la démarche de santé environnementale et de développement durable de l’établissement ?
  • Les parties prenantes ont-elles été clairement identifiées ?
  • Quelles sont les opportunités que présente ce projet pour l’établissement ?
  • La majorité des intervenants sont-il en accord avec le projet ? Sont-ils motivés ?
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MISE EN PLACE D’UN COMITÉ

La première étape consiste à doter l’établissement d’une équipe multidisciplinaire responsable de la gestion des matières résiduelles. Idéalement, cette équipe devrait travailler en étroite collaboration avec le comité environnement si l’établissement en possède un. Il se peut même que le rôle de l’équipe GMR soit rempli directement par le comité « vert ».

La composition de l’équipe GMR devrait inclure, sans s’y limiter, des responsables du service hygiène et salubrité, du service des finances, des communications, des services techniques, des services alimentaires, en charge de coordonner les actions du comité. Ainsi que toute autre partie prenante interne (ex. personnel médical, approvisionnements) dont l’apport est essentiel à la bonne gestion des matières résiduelles. Par exemple, pour identifier le système GMR actuellement en place ou pour développer le futur plan de gestion des matières résiduelles de l’établissement.

Visionner l’entrevue de France Leblond, directrice adjointe des services techniques – volet services d’hôtellerie au CISSS de la Montérégie-Est pour connaître la composition et l’action du comité vert en santé.

COMMUNICATION ET SENSIBILISATION

Il est essentiel qu’un plan de communication soutienne la mise en œuvre du plan GMR. La communication ne doit pas se limiter à l’étape de la mise en oeuvre, elle est importante à toutes les étapes de la démarche proposée. Les organisations performantes favorisent le développement et l’application des programmes et mécanismes suivants : des stratégies de communication formelles et intégrées, des programmes de mesure d’efficacité des communications, des gestionnaires ayant une préoccupation constante et une perspective stratégique, des mécanismes de gestion du changement clairs, des outils de communications ciblés et des canaux de communication ascendants nombreux et efficaces. Le défi de la communication ne consiste pas uniquement à informer les employés des stratégies et des programmes représentant l’engagement de l’organisation ni à disséminer de l’information de temps en temps. La communication est un processus continuel, dynamique et synergique, qui, de plus, est un facteur de succès pour les organisations. Une bonne communication  est directement liée à:

  • La satisfaction au travail ;
  • L’engagement et la performance ;
  • La créativité et la capacité d’innovation ;
  • Une plus grande ouverture et une flexibilité face au changement ;
  • La participation, le sentiment d’appartenance et la motivation.

Les principales étapes pour élaborer un plan de communication

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Quelques principes de communication liés à la GMR

  • Les activités de communications doivent s’adresser tant aux patients qu’à l’ensemble du personnel incluant les employés, les gestionnaires, les médecins, les stagiaires et les bénévoles. Cependant, des stratégies spécifique seront déployées pour toucher les groupes d’employés qui participeront directement aux activités GMR (préposés à l’entretien, magasiniers, personnel des installations matérielles, personnel des installations matérielles, professionnels en soin, médecins, les services alimentaires etc.) ;
  • On favorisera une information ascendante provenant des employés sur la façon d’améliorer les mesures et sur la nécessité d’en instaurer de nouvelles (boîtes à suggestion, formulaires d’évaluation…) ;
  • Il est impératif d’entretenir la communication, informer régulièrement les employés des résultats de leurs efforts, de la quantité de matières recyclées et des incidences sur l’environnement et la santé.

Exemples d’outils: affiches adaptées à la sensibilisation des générateurs de déchets, articles dans les bulletins internes, capsules d’informations, kiosque, matériels promotionnels, page GMR dans l’Intranet, signalétique, concours, rencontres avec le personnel, relations avec les médias locaux…
Exemples d’activités: organisation de campagnes de sensibilisation soulignant  la Semaine Québécoise de Réduction des Déchets ou le Jour de la Terre, collecte de produits électroniques, atelier de compostage, etc.

À cette étape, la direction devrait décider si elle est en mesure de travailler seule ou si l’aide d’un consultant externe serait pertinente.

L’organisation devrait impérativement consulter les fiches matière avant et pendant la réalisation du portrait GMR

Portrait GMR

L’équipe GMR doit être en mesure de présenter des résultats et des recommandations aux gestionnaires en utilisant le principe des 3RV en privilégiant, dans l’ordre, la réduction à la source, le réemploi, le recyclage, la valorisation et enfin, l’élimination. Les établissements de santé et de services sociaux génèrent de nombreuses catégories de matières résiduelles dont un grand nombre, bien que recyclables, sont envoyées à l’enfouissement ou à l’incinération faute d’accès à une information fiable sur les solutions de récupération existantes ou de filière de récupération/recyclage. Les solutions de traitement de ces matières peuvent varier, par exemple, selon l’emplacement géographique ou le volume de matières résiduelles que génère une installation. Le Registre GMR, un outil adapté et novateur,  propose une méthode standardisée qui permet de comprendre les flux de matières résiduelles. Deux étapes vont permettre d’avoir une compréhension approfondie du flux de matières résiduelles générées : l’identification du système de gestion des matières résiduelles en place et et un audit de la génération (poids et coûts annuels) de matières résiduelles.

En parallèle de l’utilisation du registre GMR, l’organisation devrait impérativement consulter les fiches matière développées pour chacune des catégories de matières résiduelles générées par les établissements de santé et de services sociaux.

Documents à télécharger

Étapes pour dresser le portrait GMR

  1. Télécharger le Registre GMR ;
  2. Compiler pour chaque type de matières résiduelles le nom des récupérateurs ;
  3. Identifier, sur le terrain, les équipements et la façon dont sont conditionnées les matières résiduelles avant d’être collectées ;
  4. Regrouper toutes les factures envoyées par les fournisseurs durant la dernière année financière complète ;
  5. Passer en revue les factures pour obtenir : les poids annuels récupérés, les coûts annuels, incluant notamment le transport, les taxes, les frais de location ou de réparation, les éventuelles redevances obtenues par la vente de certaines matières recyclables et la fréquence des collectes ;
  6. Compiler toutes les données dans le registre GMR ;
  7. Analyser les données avec les indicateurs inclus tel que le coût à la tonne, le pourcentage du poids total, le pourcentage du coût total et le poids par collecte ;
  8. Identifier des pistes d’améliorations.

Les avantages d’utiliser le Registre !

  • Savoir si on est en conformité avec  la politique québécoise de gestion de matière résiduelle ;
  • Comparer les coûts de gestion entre les matières ;
  • Identifier les pistes pour vendre des matières recyclables et ainsi percevoir des redevances ;
  • Identifier des opportunités de réduction des coûts de gestion des matières résiduelles ;
  • Disposer d’un portrait complet de la gestion des matières résiduelles par installation ;
  • Conserver en un seul endroit l’ensemble des informations relatives à la GMR ;
  • Recenser l’ensemble des fournisseurs de services en GMR ;
  • Identifier des surcoûts tels que la radioactivité, les réparations, le déglaçage ;
  • Mettre en évidence des différences de coûts pour des services identiques entre différentes installations d’un même établissement ;
  • Détenir un portrait annuel qui pourra être conservé dans le temps ;
  • Suivre l’évolution des quantités et des coûts de gestion des matières résiduelles générées d’une année à l’autre ;
  • Identifier des opportunités de réduction à la source, de réemploi et de récupération ;
  • Communiquer de l’information, chiffres à l’appui, à l’ensemble des parties prenantes.

POLITIQUE & PLAN D’ACTION GMR

Élaboration

Le plan d’action en gestion des matières résiduelles (PGMR) vise à opérationnaliser les orientations et les engagements prises par un établissement ou une installation en matière de GMR. Il vient préciser les objectifs, les cibles, les indicateurs nécessaires pour pouvoir atteindre les résultats souhaités. L’élaboration d’un plan d’action permet d’identifier les actions prioritaires afin d’établir un échéancier stratégique. Selon la taille de l’établissement le plan de gestion peut se déployer sur deux niveaux:

  1. Niveau global qui s’applique à l’ensemble des installations de l’établissement ;
  2. Niveau local qui s’applique spécifiquement à une ou des installation(s).

Le PGMR global doit être intégré au plan d’action en santé environnementale et développement durable de l’établissement. Dans tous les cas, l’élaboration de ces deux types de plans d’actions devrait se faire en approche participative.

Pour chaque enjeux et objectif spécifique il faut définir

  1. Les actions à réaliser ;
  2. Les indicateurs à suivre (ex: coût à la tonne, taux de récupération, mise en place des REP, coûts total, redevances, taux de réacheminement…) ;
  3. Les cibles à atteindre (ex: taux de récupération de X %) ;
  4. Les ressources humaines, matérielles et financières à déployer ;
  5. Le ou les responsable (s) à identifier ;
  6. L’échéancier à mettre en place ;
  7. L’évaluation à conduire. Le PGMR doit en effet être révisé et réévalué sur une base régulière.

Suivre ces étapes garantira la qualité du plan d’action et de son suivi. Elles doivent faire partie intégrante de l’élaboration du PGMR. L’utilisation du registre GMR permettra de dresser un portrait relativement précis de la gestion des matières résiduelles et d’identifier un certain nombre de pistes d’amélioration.

Voici un certain nombre de questions qu’il vaut la peine de se poser avant d’élaborer un PGMR.

Quelles quantités de matières résiduelles sont générées (par installation, par département, par unité) ?
Quels types de matières résiduelles sont générées par chaque département ?

Comment sont récupérées les différentes matières résiduelles ?
Un système permettant la réduction à la source, le réemploi, le recyclage ou la valorisation est-il en place ?
Comment les matières résiduelles sont-elles conditionnées (ex. bacs, conteneurs extérieurs, compacteurs, presses) ?
Dans quels contenants les générateurs peuvent-ils déposer leurs matières ?
Combien y a-t-il de contenants? Où sont-ils placés? Y en a-t-il en nombre suffisant ?
Que fait-on avec ces contenants une fois qu’ils sont pleins ?

Qui sont les récupérateurs ?
Un contrat ou une entente a-t-il été signé avec chaque récupérateur ?
Est-ce que le contenu de ces documents est connu et maîtrisé à l’interne ?
Quelles sont les conditions d’arrêt de service ?
Des frais sont-ils associés à ce contrat/cette entente ?
Des visites surprises sont-elles effectuées de temps à autres chez les récupérateurs afin de s’assurer de la conformité des services rendus ?
Les contenants, bacs et installations sont-ils fournis gratuitement par les récupérateurs ?

Combien coûte annuellement la gestion de toutes les matières résiduelles ?
Quels sont les coûts de gestion par tonne de matière ?
L’établissement obtient-il des redevances par la vente de certaines matières recyclables (p. ex. les métaux, les papiers, les cartons, les plastiques médicaux) ?

Les cibles de la PQGMR et de son plus récent plan d’action sont-elles connues à l’interne ?
Les taux de récupération sont-ils estimés ?
L’évolution annuelle des taux de récupération est-elle analysée ?

Quel est le niveau de connaissance en matière de GMR des employés, des gestionnaires et des dirigeants ?
Un système de communication et d’affiches adaptées au milieu est-il en place ?

Que deviennent les matières résiduelles?
Sait-on où s’en vont les matières une fois qu’elles quittent une installation ?
Un bilan annuel faisant état du devenir précis des matières résiduelles est-il exigé ?
Une procédure assurant la standardisation et la pérennité des systèmes de collecte et de récupération est-elle en place ?

Amélioration continue

Le registre GMR devrait être utilisé sur une base régulière, mensuelle, trimestrielle ou annuelle. Une fois un plan de gestion des matières résiduelles adopté, il convient de se doter d’un programme de suivi et d’amélioration continue qui devrait contenir au minimum les éléments suivants:

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Reconnaissance et certification

Être reconnu en tant que leaders en GMR dans le réseau et obtenir des certifications

ICI ON RECYCLE + | Programme de reconnaissance de RECYC QUEBEC
Thème abordé: Gestion des matières résiduelles.
But du programme : Reconnaître les actions mises en œuvre afin de bien gérer les matières résiduelles.

Avantages

  • Faire reconnaitre publiquement ses réalisations et ses engagements en faveur de la préservation des ressources naturelles et de l’environnement ;
  • Reconnaissance gouvernementale ;
  • Être reconnu comme un leader en gestion des matières résiduelles ;
  • Reconnaître les bons coups des employés ;
  • Souligner l’implantation de mesure de réduction à la source, de réemploi, de recyclage et de valorisation par les employés.

4 niveaux de reconnaissance évolutive | Durée : 3 ans | Coûts : Payant

Prix d’excellence du réseau de la santé et des services sociaux en développement durable | Prix et mention d’honneur du MSSS
Thème abordé : développement durable.
But : un prix d’excellence et une mention d’honneur seront remis aux établissements qui se sont démarqués par l’intégration du développement durable à leurs activités au bénéfice de la communauté, en prenant en compte à la fois des considérations sociales, économiques et environnementales dans leurs pratiques.

Avantages

  • Faire reconnaître et diffuser ses bons coups ;
  • Reconnaître l’implication des employés;
  • L’inscription est gratuit;
  • Une bourse (prix en argent) est offerte aux deux gagnants.

Green hospital Scorecard | Outil développé par la Coalition canadienne pour un système de santé écologique
Thèmes abordés : consommation énergétique, gestion de l’eau, gestion des matières résiduelles, prévention de la pollution, leadership d’entreprise.
But de l’outil : développer une base de données et standardiser les pratiques environnementales dans les établissements de santé et de services sociaux.

Avantages

  • Comparer ses données à celles des installations ayant la même mission ;
  • Comparer ses données d’une année à l’autre et voir comment elles évoluent ;
  • Visualiser les progrès obtenus sur les différents thèmes abordés ;
  • Être reconnu pour ses réalisations au sein de la communauté des établissements de santé et de services sociaux canadiens.

Durée de la reconnaissance : renouvelable annuellement | Coûts : Gratuit

Hippocrate  | Outil développé par Global Green and Healthy Hospitals
Thèmes abordés : changements climatiques, consommation énergétique, gestion des matières résiduelles.
But de l’outil : mettre à disposition une plateforme qui permet de suivre, compiler et visualiser des données en lien avec les thèmes mentionnés ci-dessus, sur une plate-forme sécurisée.

Avantages

  • Comparer ses données d’une année à l’autre et voir comment elles évoluent ;
  • Visualiser les progrès obtenus sur les différents thèmes abordés ;
  • Être reconnu pour ses réalisations au sein de la communauté mondiale des établissements de santé et de services sociaux canadiens.

Durée de la reconnaissance : renouvelable annuellement | Coûts : Gratuit mais besoin d’être membre (gratuit)

BOMA BESt Santé | Programme d’évaluation environnementale et de certification des bâtiments existants au Canada. Lancé en août 2014, BOMA BESt Santé est la certification spécifique aux bâtiments de santé et des services sociaux
Thèmes abordés :  énergie, eau, réduction des déchets et amélioration du site, émissions et effluents, environnement intérieur, système de gestion environnementale.
But de la certification : » Créer un environnement durable, un immeuble à la fois ».

Avantages

  • Dresser un portrait précis des aspects environnementaux de la gestion d’un bâtiment ;
  • Orienter de façon précise le plan de gestion des matières résiduelles avec identification d’objectifs, d’indicateurs et de cibles spécifiques.

4 niveaux de certifications évolutive | Coûts : Payant

Reconnaissance à l’interne

Mettre en place un système de reconnaissance interne qui récompense les employés et/ou les équipes les plus écoresponsables de l’établissement (ex: l’équipe qui atteint le meilleur taux de récupération ou l’équipe qui a mis en œuvre un projet novateur en gestion des matières résiduelles). Ce type de reconnaissance permet d’impliquer les équipes tout en informant l’ensemble des employés sur la gestion des matières résiduelles.